Salambô

01-tunis-147

« La colline de l’Acropole, au centre de Byrsa, disparaissait sous un désordre de monuments. C’étaient des temples à colonnes torses avec des chapiteaux de bronze et des chaînes de métal, des cônes en pierres sèches à bandes d’azur, des coupoles de cuivre, des architraves de marbre, des contreforts babyloniens, des obélisques posant sur leur pointe comme des flambeaux renversés. Les péristyles atteignaient aux frontons ; les volutes se déroulaient entre les colonnades ; des murailles de granit supportaient des cloisons de tuile ; tout cela montait l’un sur l’autre en se cachant à demi, d’une façon merveilleuse et incompréhensible. On y sentait la succession des âges et comme des souvenirs de patries oubliées. »
(Extraits de « Salammbô » de Gustave Flaubert)

01-tunis-138

« Delenda Cathargo » (« il faut détruire Carthage ») aurait déclaré Cathon… Rome avait si peur de Catharge, si puissante et si prospère… Ce fut la guerre totale, les troupes romaines se livrèrent à un véritable génocide, le site fut rasé, le périmètre de la cité maudit…
Ainsi va le monde… quoi de neuf sous le soleil ? (Poison)

 

Jannis Kounellis

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« Je n’ai cherché que choses très belles. J’ai mesuré la distance par rapport à l’objectif. J’ai vu le sacré dans l’objet d’usage quotidien. J’ai cru dans le poids comme juste mesure. […] Je veux le retour de la poésie par tous les moyens : par la pratique, par l’observation, par la solitude, par le verbe, par l’image, par « l’éversion »… Jannis Kounellis

Rattaché au courant de l’arte povera, l’artiste grec est mort à 80 ans le 16 février 2017. Il laisse une œuvre radicale, puisant entre autres dans les mythes et les douleurs du monde ouvrier.

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Scarabocchiare FIORI…

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Come in un fragile poema infantile

Scarabocchiare FIORI

Rannicchiato in una culla

Di luce « Morandiana »

Respirando Montale

(Carnet 3 2/17)

Dessin et poème Francesco Pagni

Comme dans un fragile poème enfantin

Gribouiller des FLEURS

Recroquevillé dans un berceau

De lumière « Morandienne »

En respirant Montale

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 dessin de Giorgio Morandi

« Il est écrit que je dois vous perdre, je le sais ;

en vain l’abandonné regardera tout autour.

Je m’en irai solitaire ; quand un jour

vous me reviendrez dans un fracas de cascade. »

Eugenio Montale (traduit de l’Italien par Patrice Dyerval Angelini)

Noa Noa

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« Je savais bien que son amour, très intéressé, n’eût guère pesé plus lourd dans des esprits strictement européens, que la complaisance vénale d’une fille. Mais j’y distinguais autre chose. Ces yeux-là et cette bouche ne pouvaient mentir. Chez toutes ces Tahitiennes l’amour est tellement dans le sang, tellement essentiel, qu’intéressé ou désintéressé, c’est toujours de l’amour. »

(Noa Noa)  Paul Gauguin

 

Le Baiser

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Gustav Klimt (Le baiser)

[Celui ] « qui vous désire, et vous convainc que c’est vraiment vous-même, dans votre singularité, qu’il désire, apporte un message de tout ce que vous pourriez être, adressé à ce que vous êtes aujourd’hui. »      

(John Berger – « G »)

Eté d’Algérie

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Alberto Burri  « Cretto »

« Pour Pierre et Jacques, errant dans les rues sèches, vêtus d’espadrilles trouvées, d’une mauvaise culotte et d’un petit tricot de coton à encolure ronde, les vacances d’était d’abord la chaleur. Les dernières pluies dataient d’avril ou mai, au plus tard. A travers les semaines et les mois, le soleil, de plus en plus fixe, de plus en plus chaud, avait séché, puis dessséché, puis torréfié les murs, broyé les enduits, les pierres et les tuiles en une fine poussière qui, au hasard des vents, avait recouvert les rues, les devantures des magasins les feuilles de tous les arbres. Le quartier entier devenait alors, en juillet, comme une sorte de labyrinthe gris et jaune, désert dans la journée, toutes les persiennes de toutes les maisons soigneusement fermées, et sur lequel le soleil régnait férocement, abattant les chiens et les chats sur le seuil des maisons, obligeant les êtres vivants à raser les murs pour demeurer hors de sa portée. »

Albert Camus (Le premier homme)

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Le premier homme

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« Pourtant ce qu’il avait cherché avidement à savoir à travers les livres et les êtres, il lui semblait maintenant que ce secret avait partie liée avec ce mort, ce père cadet, avec ce qu’il avait été et ce qu’il était devenu et que lui-même avait cherché bien loin ce qui était près de lui dans le temps et dans le sang. A vrai dire, il n’avait pas été aidé. Une famille où l’on parlait peu, où on ne lisait ni n’écrivait, une mère malheureuse et distraite, qui l’aurait renseigné sur ce jeune et pitoyable père ? Personne ne l’avait connu que sa mère qui l’avait oublié. Il en était sûr. Il était mort inconnu sur cette terre où il était passé fugitivement, comme un inconnu. C’était à lui à se renseigner sans doute, à demander. Mais celui qui, comme lui n’a rien, et veut le monde entier, il n’a pas assez de toute son énergie pour s’édifier et conquérir ou comprendre le monde. Après tout, il n’était pas trop tard, il pouvait encore chercher, savoir qui était cet homme qui lui semblait plus proche maintenant qu’aucun être au monde. Il pouvait… 

[…] Mais il ne pouvait se détacher de ce nom, de ces dates. Il n’y avait plus sous cette dalle que cendres et poussières. Mais, pour lui, son père était de nouveau vivant, d’une étrange vie taciturne, et il lui semblait qu’il allait le délaisser de nouveau, le laisser poursuivre cette nuit encore l’interminable solitude où on l’avait jeté puis abandonné. » 

Albert Camus, Le premier homme (extraits)

(Folio Edition Gallimard)

 

Villa Adriana à Tivoli

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« Mais surtout, je m’étais fait construire au coeur de cette retraite, un îlot de marbre au centre d’un bassin entouré de colonnades, une chambre secrète qu’un pont tournant, si léger que je peux d’une main le faire glisser dans ses rainures, relie à la rive, ou plutôt sépare d’elle. Je fis transporter dans ce pavillon deux ou trois statues aimées, et ce petit buste d’Auguste enfant qu’aux temps de notre amitié m’avait donné Suétone ; je m’y rendais à l’heure de la sieste pour dormir, pour rêver, pour lire. »

Marguerite Yourcenar  (Mémoires d’Hadrien)

 

la Villa Adriana ou Villa d’Hadrien fut construite pour l’Empereur Hadrien à partir de l’an 118 jusqu’à sa mort en 138 après JC. C’est la plus belle demeure impériale du monde romain. Par sa taille, c’est en fait une véritable ville où l’empereur qui fut un grand bâtisseur, a multiplié les jardins, les temples, les palais, les thermes et les dépendances.