Les quatorze chats de Richelieu.

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Tout le monde au XVIIe siècle savait que pour se débarrasser des rats et des souris, rien ne valait un chat. Aussi, Richelieu introduisit ces petits félins dans ses appartements afin de protéger ses biens.

C’est lui qui réhabilita le chat en lui redonnant son rôle de dératisateur. Il lui octroya même une mission de la plus haute importance : protéger des rongeurs les trésors de la librairie royale. Peut-être influencé par le cardinal, Louis XIII mit un terme aux persécutions des félins organisées sous son règne par l’Eglise chrétienne.

Au Palais Cardinal (l’actuel Palais-Royal), la résidence de Richelieu, une pièce spéciale était réservée aux chats, qu’il nourrissait de blanc de poulet et qu’il faisait soigner par son médecin personnel. Le puissant ministre de Louis XIII passe pour avoir été le premier à la cour à être fasciné par ces animaux énigmatiques et indépendants. Deux de ses serviteurs étaient spécialement dévolus à leur surveillance et leur bien-être. Sur certains tableaux, il figure avec un ou plusieurs animaux, comme dans le très fameux portrait peint par Robert-Fleury et conservé à la Wallace Collection de Londres.

 

La dame de La Roque Gageac

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« Le reflux des toits montés de la rive du fleuve, en bas. Par dizaines ils s’agglutinent pour des cabanons, greniers, granges, passages vers des jardins, auvent sur le trou d’une cave, trois marches en débord pour un seuil élevé au-dessus de la ruelle ; toitures comme un ramassis d’écailles disparates, arquées en creux dans un mouvement de femelle en chaleur, crevées, délabrées en pauvres carcasses qui attendent… Et cela se chevauche, s’encastre, se bouscule, s’épaule, se tourne le dos. Géométrie malmenée, tohu-bohu qu’un urbaniste joyeux aurait éparpillé sans souci de son épure. Chaque pièce à vivre peu ou prou prend sa lumière aux carreyrous qui sinuent pour ne point se laisser prendre et dévaler d’un coup. La Grande-Rue, le seul passage de quelque importance, mais avec les mêmes fumiers, unit les deux quartiers du bourg. »

Paul Placet in « La belle endormie » (Editions La Lauze)

Colette (La naissance du jour – 1928)

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« Monsieur,

Vous me demandez de venir passer une huitaine de jours chez vous, c’est à dire auprès de ma fille que j’adore. Vous qui vivez auprès d’elle, vous savez combien je la vois rarement, combien sa présence m’enchante, et je suis touchée que vous m’invitiez à venir la voir. Pourtant, je n’accepterai pas votre aimable invitation, du moins pas maintenant. Voici pourquoi : mon cactus rose va probablement fleurir ! C’est une plante très rare, que l’on m’a donnée, et qui, m’a-t-on dit, ne fleurit sous nos climats que tous les quatre ans. Or, je suis déjà une très vieille femme, et, si je m’absentais pendant que mon cactus rose va fleurir, je suis certaine de ne pas le voir refleurir une autre fois…

Veuillez donc accepter, Monsieur, avec mon remerciement sincère, l’expression de mes sentiments distingués et de mon regret. »

Ce billet signé Sidonie Colette née Landoy, fut écrit par ma mère à l’un de mes maris, le second. L’année d’après, elle mourait, âgée de soixante-dix sept ans. Au cours des heures où je me sens inférieure à tout ce qui m’entoure, menacée par ma propre médiocrité, effrayée de découvrir qu’un muscle perd sa vigueur, un désir sa force, une douleur la trempe affilée de son tranchant, je puis pourtant me redresser et me dire : « Je suis la fille de celle qui écrivit cette lettre, -cette lettre et tant d’autres que j’ai gardées. Celle-ci en dix lignes, m’enseigne qu’à soixante seize ans elle projetait et entreprenait des voyages, mais que l’éclosion possible, l’attente d’une fleur tropicale suspendait tout et faisait silence même dans son coeur destiné à l’amour. Je suis la fille d’une femme qui, dans un petit pays honteux, avare et resserré, ouvrit sa maison villageoise aux chats errants, aux chemineaux et aux servantes enceintes. Je suis la fille d’une femme qui, vingt fois désespérée de manquer d’argent pour autrui, courut sous la neige fouetttée de vent crier de porte en porte, chez des riches, qu’un enfant, près d’un âtre indigent, venait de naître sans langes, nu sur de défaillantes mains nues… Puissé-je n’oublier jamais que je suis la fille d’une telle femme qui penchait, tremblante, toutes ses rides éblouies entre les sabres d’un cactus sur une promesse de fleur, une telle femme qui ne cessa elle-même d’éclore, infatigablement, pendant trois quarts de siècle… »

Colette (La naissance du jour. 1928)

 

Luis De Góngora, Paco Ibáñez

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Un poème de Luis De Góngora chanté par Paco Ibáñez

« Marica, ma soeur, demain c’est jour de fête, je n’irai pas à l’école, nous irons à l’église, 

si elle veut, Mère te donnera des castagnettes, et au son de l’adufe Andrehuela chantera… »