L’autre Voyage…

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J’ai besoin du génie des autres comme l’air que je respire. L’art est salvateur : quand on n’a plus rien, on a encore cela qui est l’Essentiel : la folie de ceux qui ont tout donné absolument… En Peinture, en Musique, en Poésie… (eva)

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Exil…

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« La poussière est une voile, elle émigre, elle franchit la mer. Le sirocco la porte d’Afrique, elle vole des épices au marché et en assaisonne la pluie. » Erri De Luca

***

« Raconter ce jour-là : Sur le grand navire blanc, Une orange dans les mains, Pain au beurre dans un sachet,

Que de rêves inquiets !..

L’appréhension de ma mère, Les valises dispersées, Le chapeau de mon père, Le regard sombre de mon Grand-père,

Avec la mort dans l’âme, Les mains serrées de ma Grand-Mère Dans son mouchoir blanc brodé…

La haute mer dans la nuit, Derrière nous l’odeur d’Afrique Et les citrons du jardin…

Un vent léger en poupe Et à la proue l’inconnu.

Mes yeux clairs dans les lunettes Qui se perdent dans le ciel. La stupeur le coeur battant…

Cette orange est toujours là : Sur la nappe blanche dans ma cuisine,

Un peu d’eau claire dans le pichet, Avec les miettes d’alors.

Mon vent a été bon, Et je suis toujours la mer !.. » Francesco Pagni ©

 

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Blog de Francesco

 

 

De velours noir…

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Peinture Diego Rivera

L’arum est le symbole de l’âme. Tout comme le lys, ses grandes fleurs blanches étaient très courantes dans les années 1900 lors des cérémonies religieuses importantes comme les mariages, les fiançailles ou encore les communions.

Jorge Araujo Chiriboga (1892-1970) est un compositeur né à Riobamba (Équateur). Il a joué du piano, de la guitare et du bandolin. Dans les années trente, il fonda à Quito la « Compañía Dramática Nacional » puis la compagnie « Dramas y Variedades », dans lesquelles Araujo se produisit et où il rencontra la chanteuse Carlota Jaramillo, pour qui il composa quelques pièces de musique populaire. Avec son frère Ángel Leónidas et d’autres artistes tels que Rubén et Plutarco Uquillas, ils ont participé à la première programmation radiophonique de la station El Prado à Riobamba, une station fondée en 1925 en Équateur.

C’est son épouse Carlota Jaramillo qui a inspiré cette chanson composée à Quito dans les années 40, interprétée et enregistrée en duo par Carlota et « El Potolo » Valencia en 1944. Quelques années avant la visite à Quito, la Compagnie de Ballet de Joaquin Pérez Fernandez, séduite par la douce tristesse de la mélodie et l’émotion naïve des paroles, demanda la permission à l’auteur d’adapter cette chanson à des tâches typiques des femmes des hauts plateaux, et d’ajouter « De terciopelo negro » à son répertoire. Presque immédiatement la chanson fut reproduite sur des disques et des cassettes en omettant de mentionner l’auteur. Plus tard, une société de cinéma parisienne signa avec Annie Girardot un long métrage « Mourir d’aimer » reprenant le thème musical « De terciopelo negro » sans mentionner l’origine de la chanson ni l’auteur. C’en suivit un procès long et coûteux (11 ans) en particulier de la part de Carlota Jaramillo déjà veuve.

Ne reste essentiellement pour moi, que la « douce tristesse de la mélodie et l’émotion naïve des paroles » interprétées par Paco Ibañez, comme un hymne tendre à la femme sud-américaine…

De Velours noir

Huambritay
Si tu m’oublies, je couvrirai ma poitrine de velours noir

Si tu m’oublies, Lys blanc,
Si le lys est blanc Huambritay… toi, tu es brune.

À la fontaine Huambritay tu m’apparus
Je t’ai demandé un verre d’eau,
Huambritay et … tu ne me l’as pas donné.

Tu me l’as refusé,
Ma très chère, mon aimée.

Si tu me refuses l’eau Huambritay… je perds la vie.

 

« Solo per dirti di no »

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Photographie Antonio Palmerini ©

Je n’aurais pas fait le chemin seulement pour te dire « non »… Je cherchais pour nous un prétexte, une vraie raison comme celles que l’on dit quand on vient pour rester… 

(La traduction en français de la video est celle du livret du CD de Gianmaria Testa)

Edouard Vuillard (1868-1940)

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S’il est l’un des artisans majeurs du mouvement nabi, avec Bonnard, Ranson, et son beau-frère K-X Roussel, Vuillard va peu à peu ordonner une oeuvre très personnelle qui ignore les avant-gardes, alors même qu’il les avait annoncées. Entre le Primitivisme de l’Ecole de Pont-Aven, l’exemple de Gauguin et le Fauvisme, voire l’Abstraction, il expérimente le vocabulaire intimiste à travers les sujets les plus ordinaires, quotidiens, qui s’inscrivent dans sa vie personnelle. Il est le peintre de l’intimité domestique, de la tendresse du foyer, des intérieurs silencieux et secrets, sa mère avec laquelle il vivait, en étant le personnage principal, ses amis, sa maîtresse… Un peintre dans sa plénitude et sa somptueuse indépendance.

L’art préraphaélite.

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Sidney Harold Metayard « la Dame de Shalott » 1913

En 1848, alors que débute le règne de Victoria, la peinture anglaise, enlisée dans la convention, semble attendre qu’on la réveille d’un long ennui.Les «Pre-Raphaelite »par des choix esthétiques radicalement novateurs, vont lui redonner vie.

Millais, Rossetti, Hunt sont à l’origine de cette confrérie des Frères préraphaélites. Ils revendiquent une liberté et une authenticité que la peinture a perdues depuis que l’académisme a imposé Raphaël comme modèle.

Soutenus par le critique John Ruskin, qui voit en eux les porte-parole de la modernité, ces jeunes gens – ils ont vingt ans – choisissent pour référence l’art médiéval, comme avant eux les architectes néogothiques. Leurs œuvres témoignent à la fois d’un sens de la nature et d’une préoccupation sociale.

Une seconde génération d’artistes, dominée par Edward Burne-Jones et William Morris, appliquera leurs principes au décor, au mobilier, au livre illustré, influençant par son imaginaire l’Europe symboliste.

L’importance du miroir dans le début du récit de « la dame de Shalott » est primordiale. 

Les peintures préraphaélites peuvent paraître « kitsch » dans leur composition et leurs sujets. Je suis fascinée par la représentation des tissus, la richesse des coloris, des textures. William Morris qui a soutenu ce mouvement était surtout un décorateur. 

Dans mon petit clip j’ai mis l’accent sur la relation image-poésie-littérature (et religion dans une toile représentant le Christ dans l’atelier de son père). Parce que je tiens à réduire en temps mes video -pour ne pas lasser- je n’ai pas retenu les toiles peignant la Nature. Mais ce fut aussi un sujet très important pour la confrérie.