« Inclinado en las tardes »

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« Inclinado en las tardes »

Paco Ibáñez  chante un poème de Pablo Neruda

 Photos © Tina Kazakhishvili

« Penché dans l’après-midi, je jette mes filets tristes

à cette mer qui secoue tes yeux océaniques.

Là, s’étire et brûle dans le brasier le plus élevé,

ma solitude qui me tord les bras comme un naufragé.

Je fais des marques rouges sur tes yeux absents

qui bougent comme la mer au bord d’un phare.

Et les oiseaux de nuit picorent les premières étoiles

qui scintillent comme mon âme quand je t’aime. 

Et galope la nuit sur sa jument sombre, 

éparpillant des épis d’azur sur le terrain

Tu es gardienne des ténèbres, femme distante et mienne,

De ton regard émerge parfois, la côte de l’épouvante. »

Site officiel de : Tina Kazakhishvili

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« yo amaba aquella casa »

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Entre le 16 et le 18 mars 1938, Barcelone fut bombardée par les avions italiens de la Aviazione Legionaria. Au total les bombardiers italiens larguèrent 44 tonnes de bombes sur Barcelone et environ 1000 à 1300 civils périrent. Julia Gay, la mère de José Agustín Goytisolo fut tuée le 17 mars 1938.

La métaphore est double :

« J‘adorais cette maison » : j’adorais cette femme, ma mère qui ETAIT la maison (la Mère, traditionnellement est le pilier essentiel de la Maison, de la famille)

Les cistes, arbrisseaux méditerranéens sont pyrophytes : ils ont la particularité de se régénérer facilement et même de se multiplier après les incendies. Le poème de José Agustín Goytisolo indique bien que les bombardements de Barcelone furent si destructeurs que même les cistes avaient disparu :

 » Después no quedó nada. / Ni la flor de la jara »  

Après ce feu tombé du ciel, il ne resta RIEN, pas même la fleur de ciste…

La « flor de la jara, blanquissima » c’est encore la mère, tellement blanche, par sa jeunesse et par sa robe… dont l’image est indestructible, persistant dans le souvenir de l’enfant de 10 ans. Quand ils dessinent les enfants représentent toujours la mère par une fleur.

Palabras para Julia.

Julia Goytisolo

José Agustín Goytisolo né à Barcelone le 13 avril 1928, fut très affecté par la mort de sa mère Julia en mars l938 sous les bombardements franquistes alors qu’il n’avait que 10 ans. En sa mémoire, il écrivit ce poème, et prénomma sa fille Julia.

La vie est belle, tu verras

Comment, en dépit des chagrins,

Tu auras des amis, 

Tu auras de l’amour,

Tu auras des amis…

Ne te livre  jamais, ni ne t’écarte du chemin, 

ne dis jamais : Je n’en peux plus,

je reste là ! Je reste là…

Mais toi, à jamais souviens-toi

De ce qu’un jour moi j’ai écrit

Pensant à toi, Pensant à toi, comme j’y pense. 

 

Angels sans ailes…

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« Un trou dans la nuit soudain envahi par un ange »

Francesca Woodman, photographe américaine, est née le 3 avril 1958 à Denver (Colorado). Elle se suicide en 1981 à l’âge de 22 ans, en se défenestrant de son appartement new-yorkais de l’East Side.

Toutes les citations qui accompagnent les photos dans la video sont d’Alejandra Pizarnik, née à Buenos Aires le 29 avril 1936 au sein d’une famille d’immigrants juifs d’Europe Centrale. Entre 1960 et 1964 elle séjourne à Paris et se lie d’amitié avec André Pieyre de Mandiargues, Octavio Paz, Julio Cortazar et Rosa Chacel. Après deux tentatives de suicide en 1970 et 1972,elle passe les cinq derniers mois de sa vie dans l’hôpital psychiatrique Pirovano de Buenos Aires. Elle se donne la mort le 25 septembre 1972 à l’âge de 36 ans.

Hommage à P.P.P.

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« Pasolini a toujours été pour moi un repère. Il y avait longtemps que je souhaitais entreprendre un projet à propos du mythe qu’il incarne. Installé à Certaldo, lieu d’origine du Décameron, qui lui avait inspiré la plus belle facette de sa Trilogie de la vie, cette référence m’a servi de déclencheur. Le Decameron, c’est le sexe, l’amour, le corps, le peuple et la mort : toute la palette pasolinienne. Son image, icône façonnée par sa vie, son oeuvre et la persécution constante dont il fut la victime jusqu’à que meurtre s’en suive, s’apparente emblématiquement à celle d’un martyr de notre époque. Il y avait donc mille raisons pour que je tente de me saisir de cette figure de poète, de cinéaste, de faiseur d’images : le caractère de son engagement, le rapport au corps – cet élément de vocabulaire que nous avons en commun -, le choix des peintres qui l’ont fasciné, sa façon singulière de parler d’aujourd’hui en s’appuyant sur les grands mythes qui ont formé notre conscience (Médée, Oedipe, le Christ). » Ernest Pignon Ernest.

et pour moi, il y avait mille raisons pour que les affiches de Ernest Pignon Ernest illustrent ce petit clip video sur les mots de Gabriel Celaya chantés par Paco Ibañez…