La statue sous la lune…

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Je savais qu’il marchait la nuit…

Il m’avait faussé compagnie, et je l’avais surpris…

Son corps de marbre s’était mis en mouvement, silencieusement, avec grâce et volupté…

Il s’était installé devant mon chevalet pour terminer le tableau…

Dans l’odeur de térébenthine, il avait achevé de peindre, puis il était sorti dans le patio, sous le reflet fantasmatique de la lune…

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Jacques Majorelle.

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Fils de l’ébéniste Louis Majorelle, Jacques Majorelle s’est formé à l’École nationale des beaux-arts appliqués de Nancy puis à l’Académie Julian à Paris. Son œuvre plastique est le fruit de sa fascination pour l’Orient, nourrie par ses nombreux voyages. Dès 1908, il se rend en Espagne, en Égypte et en Italie avant de s’installer au Maroc en 1917, où il se fait construire une maison dans le style mauresque dont le jardin est progressivement aménagé.

Dans l’entre-deux-guerres, il séjourne dans plusieurs pays en Afrique où il multiplie les expériences sur la couleur notamment par l’usage de la poudre d’or et d’argent. En 1937 à Marrakech, il peint sa villa, son jardin et son atelier de couleurs vives, dominées par le bleu outremer intense auquel il donne son nom, le « bleu Majorelle ». Son langage chromatique et son regard singulier sur l’exotisme font de Jacques Majorelle un artiste emblématique de l’orientalisme.

En 1947, il ouvre son jardin au public. En 1955, il est amputé d’un pied à la suite d’un accident de voiture. Le 14 octobre 1962, il meurt à Paris, ville où il a été rapatrié à la suite d’une fracture du fémur. Il est inhumé à Nancy au cimetière de Préville au côté de son père.

 

Pierre Loti photographe

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« Ils montaient sans sortir pour cela des cimetières infinis qui couvrent toutes les hauteurs d’Eyoub. Et,peu à peu, un horizon des Mille et une Nuits se déployait alentour ; on allait bientôt revoir tout Constantinople qui surgissait dans les lointains, au-dessus de l’enchevêtrement des branches, comme pour monter avec eux. »

Pierre Loti  (Les Désenchantées)

 

Villa Adriana à Tivoli

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« Mais surtout, je m’étais fait construire au coeur de cette retraite, un îlot de marbre au centre d’un bassin entouré de colonnades, une chambre secrète qu’un pont tournant, si léger que je peux d’une main le faire glisser dans ses rainures, relie à la rive, ou plutôt sépare d’elle. Je fis transporter dans ce pavillon deux ou trois statues aimées, et ce petit buste d’Auguste enfant qu’aux temps de notre amitié m’avait donné Suétone ; je m’y rendais à l’heure de la sieste pour dormir, pour rêver, pour lire. »

Marguerite Yourcenar  (Mémoires d’Hadrien)

 

la Villa Adriana ou Villa d’Hadrien fut construite pour l’Empereur Hadrien à partir de l’an 118 jusqu’à sa mort en 138 après JC. C’est la plus belle demeure impériale du monde romain. Par sa taille, c’est en fait une véritable ville où l’empereur qui fut un grand bâtisseur, a multiplié les jardins, les temples, les palais, les thermes et les dépendances.

« Entre l’ombre et l’âme »

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Egon Schiele

« Je ne t’aime pas comme rose de sel, ni topaze

Ni comme flèche d’oeillets propageant le feu,

Je t’aime comme l’on aime certaines choses obscures,

De façon secrète entre l’ombre et l’âme. »

 Pablo Neruda Sonnet XVII

Stromboli (îles Lipari)

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« Nathanaël, j’aimerais te donner une joie que ne t’aurait donnée encore aucun autre, Je ne sais comment te la donner et pourtant, cette joie, je la possède. Je voudrais m’adresser à toi plus intimement que ne l’a fait encore aucun autre. Je voudrais arriver à cette heure de nuit où tu auras successivement ouvert puis fermé bien des livres cherchant dans chacun d’eux plus qu’il ne t’avait encore révélé ; où tu attends encore ; où ta ferveur va devenir tristesse, de ne pas se sentir soutenue. Je n’écris que pour toi ; je ne t’écris que pour ces heures. Je voudrais écrire tel livre d’où toute pensée, toute émotion personnelle te semblât absente, où tu croirais ne voir que la projection de ta propre ferveur. Je voudrais m’approcher de toi et que tu m’aimes. »

André Gide (les Nourritures terrestres).