« Point de fuite »

Ce « point de fuite » dont je n’ai connu l’existence que beaucoup plus tard, est une chose qui me fascinait tellement lorsque j’étais toute petite ! ça correspond réellement à une expérience de toute petite fille : je marchais dans une allée étroite bordée d’arbres et j’espérais toujours atteindre ce point lointain… et jamais je n’y arrivais !

Au bout, l’allée était toujours l’allée, toujours aussi large ! Et les questions que je pouvais poser aux grandes personnes concernant le mystère de cette allée restaient désespérément sans réponse… Je ressens cette interrogation  encore dans certaines toiles du peintre Delvaux (qui eut une formation d’architecte -pour faire plaisir à sa mère-)  eva

Colibri

Un petit colibri
Perché sur l’épaule d’un rhinocéros
Brillait de toutes ses plumes…
Un objet léger et non identifié contemplait le petit colibri…
Un beau matin, l’oiseau s’envola dans un bruissement d’ailes
Au nez du cerf-volant à la dérive…
                                                                          eva 
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La vache et le pommier…

Et dans la lumière de l’amour je surexpose,

Je superpose la vache et le pommier,                                                                                     

La déesse et la mer,

Le minotaure et le père… 


eva 8 juin 2009 ©

Elsa Triolet

Née dans une famille aisée d’intellectuels juifs russes, Ella Kagan (puis Triolet après son premier mariage, nom qu’elle gardera toute sa vie) est fille d’Elena Yourievna Berman, pianiste de grand talent, et de l’avocat Youri Alexandrovitch Kagan spécialisé dans les contrats d’édition d’artistes et d’écrivains. Elle fait de brillantes études, s’initie au piano, apprend l’allemand auprès de ses parents qui parlent cette langue, ainsi que le français dès l’âge de six ans. Après le lycée, elle suit des cours d’architecture qu’elle termine avec le certificat de fin d’études de la section féminine à Moscou en 1918. Elle voyage en Europe avec sa sœur et sa mère, pour laquelle les arts, et la musique en particulier, tiennent une grande place Après la mort de son père en 1915, elle vit avec sa mère dans des difficultés financières. En 1917, elle rencontre André Triolet, un officier français en poste à Moscou, héritier d’une riche famille de Limoges. Elle quitte la Russie avec lui et l’épouse à Paris en 1919. Le couple séjourne à Tahiti pendant un an. Malheureuse dans son couple, Elsa quitte son mari en 1921. Connaissant un temps d’errance, elle va d’abord à Londres, puis à Berlin en 1923 où Victor Chklovski, très épris d’elle et la voyant dépressive, insiste pour qu’elle écrive. Il publie l’échange épistolaire qu’ils ont eu sous le titre de Zoo, lettres qui ne parlent pas d’amour ou la Troisième Héloïse. Ce recueil de lettres est lu par Maxime Gorki qui, ayant particulièrement apprécié les lettres d’Elsa, demande à la rencontrer. Durant leur entrevue, Gorki encourage la jeune femme à se consacrer à l’écriture. Elle rencontre Louis Aragon en 1928 à Paris, au café La Coupole, fréquenté par beaucoup d’artistes. Il devient l’homme de sa vie, celui par qui elle peut enfin s’enraciner dans la société française. Elle devient sa muse. En 1929-1930, Elsa crée des colliers pour la haute couture pour subvenir à ses besoins, et écrit des reportages pour des journaux russes. Les années suivantes, elle traduit en russe des auteurs français : Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, en 1934 ; Les Cloches de Bâle (1937) et Les Beaux Quartiers (1938), les deux premiers romans du cycle Le Monde réel d’Aragon. Elle traduira également, au cours de sa vie, de nombreux auteurs russes en français, dont notamment Tchékhov et Maïakovski. Elle collabore par de nombreux textes au quotidien Ce soir, dirigé par Louis Aragon et Jean-Richard Bloch. En 1937, elle commence à écrire un premier roman en français, Bonsoir Thérèse, publié en 1938 aux éditions Denoël. Elle se marie avec Louis Aragon le 28 février 1939. Elle participe avec lui à la Résistance, dans la zone Sud (à Lyon et dans la Drôme notamment) et contribue à faire paraître et à diffuser les journaux La Drôme en armes et Les Étoiles. Elle continue à écrire des nouvelles et le roman Le Cheval blanc. Entrée avec Aragon dans la clandestinité, sa nouvelle Les Amants d’Avignon est publiée aux Éditions de Minuit en octobre 1943 sous le pseudonyme de Laurent Daniel, en hommage à Laurent et Danielle Casanova. Cette nouvelle et trois autres sont réunies sous le titre « Le premier accroc » coûte deux cents francs (phrase qui annonçait le débarquement en Provence) et obtiennent le prix Goncourt 1945 au titre de l’année 1944. Elsa Triolet est ainsi la première femme à obtenir ce prix littéraire. Elle assiste en 1946 au procès de Nuremberg sur lequel elle écrit un reportage dans Les Lettres françaises. Elle voyage beaucoup dans les pays socialistes avec Aragon et, bien que critique à l’égard du stalinisme et indignée par l’antisémitisme qui sévit en URSS en 1952, touchant également sa sœur, elle ne fait pas de déclaration publique. Elle exprime sa critique du régime dans le roman « Le Monument » paru en 1957. Elle démissionne la même année du comité directeur du CNE, puis écrit les trois romans du cycle L’Âge de nylon. Elle intervient activement en 1963 pour faire traduire et paraître en France le récit d’Alexandre Soljenitsyne Une Journée d’Ivan Denissovitch. La façon dont la biographie de Vladimir Maïakovski était falsifiée en Union soviétique est une des raisons qui l’entraîne à écrire les romans Le Grand Jamais (1965) et Écoutez-voir (1968). Après avoir publié La Mise en mots (collection « Les Sentiers de la création », éditions Skira, 1969) et Le Rossignol se tait à l’aube (1970), Elsa Triolet meurt d’un malaise cardiaque le 16 juin 1970 dans la propriété qu’elle possède avec Louis Aragon, le Moulin de Villeneuve, à Saint-Arnoult-en-Yvelines. Le calendrier accroché dans la maison affiche toujours cette date, Louis Aragon ayant symboliquement cessé de compter les jours après la mort de son aimée. Elsa repose aux côtés d’Aragon, dans le parc de six hectares entourant ce vieux moulin. (Source : Wikipedia)

La mélodie a été créée par Georges Brassens, et il a chanté sur cette même mélodie « La Prière » qui est très émouvante aussi. J’aime ces deux chansons tellement poignantes et mélancoliques. La vérité c’est que j’aime tellement l’accent et la belle voix grave d’Imanol, que je n’ai pas pu résister à la tentation de choisir cette version pour la video. J’aime les accents, je les trouve tellement émouvants… C’est la trompette qui accompagne Imanol et finalement ce n’est pas tellement décalé pour cette époque-là… (même si je préfère l’arrangement de Georges Brassens !)

Les vacances de Martin Parr

Martin Parr, (né à Epsom, Surrey, en 1952) depuis le milieu des années 1970, a soigneusement évité ce qui, pour l’essentiel des photographes de son temps, constitue le pain quotidien : les figures héroïques, la beauté du monde, la guerre sous toutes ses formes, la misère absolue, le journal des intimités extrêmes. Il s’est intéressé à la norme, aux classes moyennes, au tourisme de masse, à ces espaces intercalaires qui séparent l’extase et la chute ; tout ce qui n’a pas, au fond, le charisme de l’exploit ou qui est légèrement coloré par la sensation du grotesque.

Martin Parr ne se contente pas de moquer les travers des autres, nos rêves industrialisés, nos échappatoires conçues par des experts en divertissement. Il se met dans le lot. Sa série d’autoportraits réalisés dans des boutiques touristiques où l’on incruste son visage devant les monuments. Partout, la nécessité, pour le voyageur, de ramener une preuve. Et la photographie est cette preuve, ultime, d’une expérience qui distingue. De fait, Martin Parr a anticipé la démocratisation digitale de l’ère photographique, où l’image n’est plus seulement un souvenir, elle est un lien.

«Tout le monde prend des photos, la plupart des gens publient leurs mémoires mises en scène sur Facebook. C’est une obsession. Dans les lieux de pèlerinage, avant, on donnait de l’argent, on priait. Maintenant, on se photographie. Le tourisme est devenu la plus grande industrie du monde, une mythologie qui se substitue au réel. C’est la très simple idée que j’exploite.»

(Source « Le Temps » du 13/09/2013)

« Dancing with Costică » Jane Long


Photographe et artiste digitale accomplie, Jane Long, artiste australienne basée à Brisbane, a présenté une étonnante série de photographies en mars 2015 à Canberra, Australie.

Son projet s’appelle “Dancing with Costică” car toutes les photos sont issues du site internet des archives de Costică Acsinte, un photographe roumain qui captura la première guerre mondiale en images

Jane Long reprend les photos originales (tombées dans le domaine public), en noir et blanc, de ce photographe qu’elle revisite pour y ajouter sa touche personnelle.

Plus qu’une “simple” colorisation Jane a aussi recréé et imaginé la scène initiale autour des personnages, en leur conférant un univers poétique presque enchanteur et envoûtant. Sans connaître la véritable histoire de ces personnages elle leur en a imaginé une autre.

Plongés dans un monde irréel aux couleurs oniriques, les personnages se retrouvent entre deux époques.

Là est toute la magie de cette série fascinante.

« La Morte » Fabrizio De André

Né le 18 février 1940 à Gênes, et mort à Milan le 11 janvier 1999, Fabrizio De André fut en Italie, un mythe au même titre que Jacques Brel en France, ou Georges Brassens qu’il considérait comme son maître. 

Durant sa carrière, de 1958 à 1997, Faber enregistra 13 disques. Il est devenu l’un des chanteurs préférés d’Italie. La qualité de ses chansons et de leur interprétation lui ont valu la reconnaissance et l’attachement très fort de tous les Italiens.

A l’écoute de « La Morte » on reconnaît la mélodie de la chanson de Brassens « Le verger du roi Louis » dont il s’est inspiré. Mais le thème de la chanson de Fabrizio est plus large, plus universel. Il se présente comme une « danse macabre » médiévale (comme celle qui est sculptée sur les colonnes des galeries de l’Aître Saint Maclou à Rouen) rappelant aux vivants que la mort survient n’importe quand, et frappe tous les vivants sans distinction de sexe, ni de classe sociale : les femmes jeunes et belles (ainsi que Ronsard les célébrait dans « L’Ode à Cassandre »), les riches, les nobles, les chevaliers, les prêtres, les artisans, et les manants… Rien ne résiste à la Mort…

Le Verger du Roi Louis.

« Le Verger du roi Louis » est le nom sous lequel est connu le poème publié sous le titre Ballade des Pendus et écrit par Théodore de Banville. Ce poème fait en réalité partie de la pièce de théâtre Gringoire, comédie en un acte en prose, que Théodore de Banville publie chez Levy Frères en 1861.

Dans la scène IV de la pièce, Théodore de Banville met en scène le personnage Pierre Gringoire (inspiré du poète réel Pierre Gringore), à qui la pièce attribue le poème, que l’on fait amener devant le roi Louis XI afin qu’il lui récite sa ballade.

Ce poème dénonce les pendaisons ordonnées par le roi Louis XI, évoquant les « chapelets de pendus » du « verger du roi Louis » et les comparant à des « grappes de fruits inouïs ».

Ce poème est également un hommage à François Villon et à sa Ballade des pendus.