Tuareg.

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Fabienne Verdier.

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« Dans le chaos et l’obscur réside le mystère originel. Suis, toi aussi, le principe cosmique pour donner vie à ta création. Comme le Ciel, crée à partir du chaos. Suis ton intuition et débroussaille l’informe pour aller, à travers les formes, au-delà de celles-ci. Transmets l’esprit des choses et n’oublie pas que l’esprit réside aussi dans les montagnes et les plantes; elles ont une âme, et c’est le Ciel qui la leur a donnée. La forme naît de l’informe: il ne faut pas avoir peur du chaos. Prends un pot, par exemple: c’est le vide qu’il enferme qui crée le pot. Toute forme ne fait que limiter du vide pour l’arracher au chaos. »

Fabienne Verdier (Passagère du Silence)

« Inclinado en las tardes »

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« Inclinado en las tardes »

Paco Ibáñez  chante un poème de Pablo Neruda

 Photos © Tina Kazakhishvili

« Penché dans l’après-midi, je jette mes filets tristes

à cette mer qui secoue tes yeux océaniques.

Là, s’étire et brûle dans le brasier le plus élevé,

ma solitude qui me tord les bras comme un naufragé.

Je fais des marques rouges sur tes yeux absents

qui bougent comme la mer au bord d’un phare.

Et les oiseaux de nuit picorent les premières étoiles

qui scintillent comme mon âme quand je t’aime. 

Et galope la nuit sur sa jument sombre, 

éparpillant des épis d’azur sur le terrain

Tu es gardienne des ténèbres, femme distante et mienne,

De ton regard émerge parfois, la côte de l’épouvante. »

Site officiel de : Tina Kazakhishvili

Alberto Moravia

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Dessin de Christian Lacroix

« Toujours vêtue en petite danseuse, suivant la mode du moment, avec une légère chemisette bouffante et une jupe ample et courte que paraissait soutenir une crinoline, elle éveillait l’idée d’une fleur renversée, à la corolle déversée et oscillante, qui se serait promenée en marchant sur ses pistils. Elle avait un visage rond de petite fille, mais d’une petite fille grandie trop vite et initiée trop tôt aux expériences féminines. Elle était pâle, avec sous les pommettes une ombre légère qui faisait paraître ses joues hâves et, tout autour du visage une épaisse chevelure brune et crépelée. Sa petite bouche, de forme et d’expression enfantine, faisait penser à un bouton de fleur précocement apparu sur la branche sans s’ouvrir ; mais elle était marquée aux coins de deux rides minces qui me frappèrent particulièrement à cause du sentiment d’aridité intense qui en émanait. Enfin, ce qu’elle avait de plus beau, ses yeux, grands et sombres, eux aussi de forme enfantine sous un front un peu bombé, avaient un regard sans innocence, indéfinissablement distant, fuyant et incertain. »

Alberto Moravia (L’ennui)