Fabienne Verdier.

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« Dans le chaos et l’obscur réside le mystère originel. Suis, toi aussi, le principe cosmique pour donner vie à ta création. Comme le Ciel, crée à partir du chaos. Suis ton intuition et débroussaille l’informe pour aller, à travers les formes, au-delà de celles-ci. Transmets l’esprit des choses et n’oublie pas que l’esprit réside aussi dans les montagnes et les plantes; elles ont une âme, et c’est le Ciel qui la leur a donnée. La forme naît de l’informe: il ne faut pas avoir peur du chaos. Prends un pot, par exemple: c’est le vide qu’il enferme qui crée le pot. Toute forme ne fait que limiter du vide pour l’arracher au chaos. »

Fabienne Verdier (Passagère du Silence)

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Oskar Kokoschka (1886-1980)

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Aussi laid que puisse être un visage, nous pouvons y découvrir de la beauté si nous avons d’abord une sensation d’émerveillement avant de commencer à la comprendre également. (Oskar Kokoschka)

 

Ombres chinoises

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Pastelli ad olio e carboncino su tela grezza

(Pastel et poème Francesco Pagni ©)

« Odor di nebbia

E di pastelli

Di carboncino

E tela grezza

Di poesia e di caffè

Le mani sporche

Leggera l’anima

Odor di fumo

E di sterpaglie

Di pane caldo

D’olio e sale

Io voglio essere

Ogni giorno. « 

Un grand merci à Francesco

 

Wassily Kandinsky (1866-1944)

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« Les esprits, qui à la vue de quelques triangles sur un tableau restent prisonniers de ces triangles et qui ainsi sont incapables de voir la peinture, sont les mêmes esprits qui sur toute figure masculine de l’antiquité firent mettre une feuille de vigne.
Mais je crois que la feuille de vigne elle-même n’avait pas le pouvoir de leur dessiller les yeux pour la forme plastique de l’antiquité…
La forme inaccoutumée masque le fond : il en est ainsi chez la plupart des hommes.
Le temps est seul capable de changer cet état de choses »

Extrait de l’article de Kandinsky « Réflexions sur l’art abstrait » publié dans les « Cahiers d’Art », VI Paris 1931, N° 7-8, p.351

Quand il réfléchit à la genèse de son art abstrait, Kandinsky fait allusion dans ses souvenirs à une expérience synesthétique pendant qu’il écoutait « Lohengrin » de Richard Wagner; il se souvenait du choc qu’il eut quand il entendit pour la première fois la nouvelle de la fission de l’atome; et finalement, il dit en regardant l’une des Meules de foin de Monet qu’il sentit nettement que les objets étaient superflus dans un tableau. Le moment exact où l’étincelle jaillit a été décrit par Kandinsky, comme suit :

« Un jour alors que j’étais à Munich, j’ai eu l’expérience hallucinante dans mon atelier à laquelle je ne m’attendais pas. C’était au crépuscule : je venais de rentrer chez moi, ma boîte de peinture sous le bras, après avoir peint une étude d’après nature. J’étais encore absorbé rêveusement dans le travail que j’avais fait quand tout à coup, mon regard se posa sur un tableau d’une beauté indescriptible qui était imprégné d’une lumière intérieure. Pendant un moment, je restai saisi, puis rapidement j’allai vers cette peinture énigmatique dans laquelle je ne pouvais rien voir que des formes et des couleurs dont le contenu m’était incompréhensible. La réponse de l’énigme vint immédiatement : c’était l’un de mes propres tableaux couché sur le côté contre le mur. Le lendemain, à la lumière du jour, je tentai de retrouver l’impression que m’avait donnée le tableau, la veille. Je n’y parvins qu’à moitié. Même en regardant la peinture de côté, je pouvais encore distinguer les objets et il manquait cette belle couche de couleur transparente très fine, créée par le crépuscule de la veille. Alors, je sus pour de bon que le sujet portait préjudice à mes peintures. Un effrayant abîme de responsabilité s’ouvrait alors devant moi et une série de questions diverses m’étaient posées. Et la question primordiale était de savoir : qu’est-ce qui allait remplacer l’objet manquant ? »

(Cet évènement eut lieu probablement vers 1909)