Rabindranath Tagore, Gitanjali, « L’offrande lyrique »

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Il avait dit :

« Laisse subsister ce peu de moi par quoi,

je puisse te nommer mon tout.

Laisse subsister ce peu de ma volonté par

quoi je puisse te sentir de tous côtés,

et venir à toi en toutes choses, et t’offrir

mon amour à tout moment.

Laisse seulement subsister ce peu de moi

par quoi je puisse jamais te cacher.

Laisse seulement cette petite attache

subsister par quoi je suis relié à ta volonté,

et par où ton dessein se transmet dans ma vie : c’est l’attache de ton amour. »

 

Elle avait dit alors :

« Laisse venir à moi ce peu de toi par quoi,

je puisse me fondre en toi.

Laisse fléchir ta volonté par

quoi je puisse te sentir à mes côtés,

présent en toute chose, et goûter

ton amour à tout moment.

Laisse seulement subsister ce peu de toi

par quoi tu puisses jamais te cacher.

Laisse seulement ce fil ténu

subsister par quoi tu es relié à ma volonté,

et par où ton dessein se transmet par delà l’infini : c’est l’attache de notre amour »

eva © 25 janvier 2012 

 

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L’autre Voyage…

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J’ai besoin du génie des autres comme l’air que je respire. L’art est salvateur : quand on n’a plus rien, on a encore cela qui est l’Essentiel : la folie de ceux qui ont tout donné absolument… En Peinture, en Musique, en Poésie… (eva)

Exil…

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« La poussière est une voile, elle émigre, elle franchit la mer. Le sirocco la porte d’Afrique, elle vole des épices au marché et en assaisonne la pluie. » Erri De Luca

***

« Raconter ce jour-là : Sur le grand navire blanc, Une orange dans les mains, Pain au beurre dans un sachet,

Que de rêves inquiets !..

L’appréhension de ma mère, Les valises dispersées, Le chapeau de mon père, Le regard sombre de mon Grand-père,

Avec la mort dans l’âme, Les mains serrées de ma Grand-Mère Dans son mouchoir blanc brodé…

La haute mer dans la nuit, Derrière nous l’odeur d’Afrique Et les citrons du jardin…

Un vent léger en poupe Et à la proue l’inconnu.

Mes yeux clairs dans les lunettes Qui se perdent dans le ciel. La stupeur le coeur battant…

Cette orange est toujours là : Sur la nappe blanche dans ma cuisine,

Un peu d’eau claire dans le pichet, Avec les miettes d’alors.

Mon vent a été bon, Et je suis toujours la mer !.. » Francesco Pagni ©

 

Playlist de Francesco

Blog de Francesco

 

 

Edouard Vuillard (1868-1940)

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S’il est l’un des artisans majeurs du mouvement nabi, avec Bonnard, Ranson, et son beau-frère K-X Roussel, Vuillard va peu à peu ordonner une oeuvre très personnelle qui ignore les avant-gardes, alors même qu’il les avait annoncées. Entre le Primitivisme de l’Ecole de Pont-Aven, l’exemple de Gauguin et le Fauvisme, voire l’Abstraction, il expérimente le vocabulaire intimiste à travers les sujets les plus ordinaires, quotidiens, qui s’inscrivent dans sa vie personnelle. Il est le peintre de l’intimité domestique, de la tendresse du foyer, des intérieurs silencieux et secrets, sa mère avec laquelle il vivait, en étant le personnage principal, ses amis, sa maîtresse… Un peintre dans sa plénitude et sa somptueuse indépendance.

L’art préraphaélite.

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Sidney Harold Metayard « la Dame de Shalott » 1913

En 1848, alors que débute le règne de Victoria, la peinture anglaise, enlisée dans la convention, semble attendre qu’on la réveille d’un long ennui.Les «Pre-Raphaelite »par des choix esthétiques radicalement novateurs, vont lui redonner vie.

Millais, Rossetti, Hunt sont à l’origine de cette confrérie des Frères préraphaélites. Ils revendiquent une liberté et une authenticité que la peinture a perdues depuis que l’académisme a imposé Raphaël comme modèle.

Soutenus par le critique John Ruskin, qui voit en eux les porte-parole de la modernité, ces jeunes gens – ils ont vingt ans – choisissent pour référence l’art médiéval, comme avant eux les architectes néogothiques. Leurs œuvres témoignent à la fois d’un sens de la nature et d’une préoccupation sociale.

Une seconde génération d’artistes, dominée par Edward Burne-Jones et William Morris, appliquera leurs principes au décor, au mobilier, au livre illustré, influençant par son imaginaire l’Europe symboliste.

L’importance du miroir dans le début du récit de « la dame de Shalott » est primordiale. 

Les peintures préraphaélites peuvent paraître « kitsch » dans leur composition et leurs sujets. Je suis fascinée par la représentation des tissus, la richesse des coloris, des textures. William Morris qui a soutenu ce mouvement était surtout un décorateur. 

Dans mon petit clip j’ai mis l’accent sur la relation image-poésie-littérature (et religion dans une toile représentant le Christ dans l’atelier de son père). Parce que je tiens à réduire en temps mes video -pour ne pas lasser- je n’ai pas retenu les toiles peignant la Nature. Mais ce fut aussi un sujet très important pour la confrérie. 

Impermanence…

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La plupart des illustrations de la video ci-dessous sont des peintures « à fresque » du nymphée souterrain de la Villa de Livia datant des années 40 à 20 av JC. Les arbres fruitiers y sont abondants : grenadiers et cognassiers attirent les oiseaux. Sur le détail, les fleurs sont peintes avec finesse, et la rose occupe une place prépondérante.

Les fresques, représentant un jardin paradisiaque, ont été découvertes en 1863 dans la Villa de Livia située sur une colline du nord de Rome dominant le Tibre. Dans la villa, les fresques étaient situées dans une salle souterraine desservie par un escalier. C’était une salle sombre, qui ne recevait pas la lumière du soleil mais dont les murs étaient éclairés par une fresque somptueuse qui occupait toutes les parois. Pendant la deuxième guerre mondiale la salle des fresques du jardin a beaucoup souffert : elle a subi les dommages des bombardements et surtout ceux causés par les soldats qui ont bivouaqué dans ce lieu souterrain et abrité. A la fin de la guerre il a été décidé de protéger les fresques en les détachant des murs de la villa de Livia et en les transférant, dès 1951, au Museo dei Termini (Thermes de Dioclétien).

Dans la fresque tout contribue donc à créer l’illusion d’un véritable jardin. On en ressentirait presque la fraîche atmosphère ! L’ensemble décoratif est d’une parfaite unité. Les éléments naturalistes ne sont pas seulement un répertoire d’éléments botaniques. La fresque revêt une dimension spirituelle. Le jardin de Livia est sans doute consacré à Vénus, déesse tutélaire de l’Empire, comme le sont les jardins réels des villas romaines. C’est une image de paradis, un locus amoenus.